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Rédaction Indépendant

KWILU 1: L’ÉCOLE FACE AU DÉFI DE LA REDEVABILITÉ CITOYENNE

KWILU 1: L’ÉCOLE FACE AU DÉFI DE LA REDEVABILITÉ CITOYENNE. 

Dans la province éducationnelle du Kwilu 1, les chiffres du suivi du Plan d’Action Opérationnel 2025 suscitent l’inquiétude. Sur 33 activités évaluées, seules trois sont déclarées réalisées. Quatorze sont partiellement exécutées, dix restent en attente et six ne sont pas documentées. Un bilan qui relance le débat sur l’efficacité de la planification, la mobilisation des ressources et la transparence dans la gestion du secteur éducatif.

Réunis à Bandundu-ville à l’initiative de la Coalition nationale de l’éducation pour tous, CONEPT-RDC, les autorités provinciales, les responsables éducatifs, les organisations de la société civile et les acteurs communautaires ont pris part à un atelier consacré à la présentation des résultats, au dialogue et à la redevabilité citoyenne.

L’objectif était double : mesurer le niveau d’exécution des activités prévues dans le PAO 2025 et identifier les obstacles qui ralentissent leur mise en œuvre.

Un bilan marqué par de nombreux retards

Les résultats présentés au cours de la rencontre révèlent un écart important entre les engagements annoncés et les réalisations constatées. Les difficultés concernent notamment la construction et la réhabilitation des infrastructures scolaires, l’accès aux installations hygiéniques, la gratuité de l’enseignement primaire, l’encadrement pédagogique et la gouvernance des établissements.

La question de la traçabilité des ressources financières a également occupé une place centrale dans les échanges. Dans plusieurs cas, les documents disponibles ne permettent pas encore de vérifier avec précision les réalisations annoncées ni de déterminer clairement les moyens effectivement mobilisés.

Les participants ont toutefois appelé à la prudence dans l’interprétation des données. Une activité non documentée ne signifie pas nécessairement qu’elle n’a pas été réalisée. Elle traduit surtout l’insuffisance des preuves disponibles et la nécessité de renforcer les mécanismes de collecte, de vérification et de partage de l’information.

Les autorités appelées à transformer les recommandations en actions

À l’ouverture des travaux, le gouverneur du Kwilu, Philips Akamitula Ndolo a réaffirmé la volonté du gouvernement provincial d’accompagner les initiatives destinées à améliorer l’éducation. Il a également exhorté les parties prenantes à faire des recommandations issues de l’atelier de véritables priorités pour le secteur.

Cet appel met en lumière un enjeu essentiel : faire correspondre les priorités inscrites dans les plans d’action avec les moyens disponibles et les besoins réels des établissements scolaires.

Pour les acteurs de la société civile, la redevabilité ne doit pas se limiter à la présentation de rapports. Elle doit permettre aux communautés de comprendre ce qui a été prévu, ce qui a été réalisé, ce qui bloque et les responsabilités de chaque partie.

Le suivi citoyen comme outil de transparence

Pour Moïse Missway, coordonnateur provincial de la CONEPT-RDC au Kwilu, aucun plan d’action ne peut produire des résultats durables sans un mécanisme de suivi régulier. Ce dispositif doit permettre de documenter les progrès, d’identifier les obstacles et de vérifier l’utilisation des ressources mobilisées.

La démarche de la CONEPT-RDC ne vise pas à se substituer aux services de l’État ni à désigner des responsables. Elle entend plutôt favoriser un dialogue fondé sur des faits vérifiables, rapprocher les prévisions des réalités du terrain et renforcer la confiance entre les institutions et les communautés.

Cette approche apparaît d’autant plus nécessaire que les difficultés du secteur éducatif ont des conséquences directes sur les élèves. Des infrastructures insuffisantes, un accès limité à l’eau et aux installations sanitaires, ainsi qu’un encadrement pédagogique irrégulier compromettent les conditions d’apprentissage et la qualité de l’enseignement.

Des engagements à rendre mesurables

Au terme des échanges, les participants ont insisté sur la nécessité de passer du constat à l’action. Pour la coordination nationale de la CONEPT-RDC, chaque recommandation doit répondre à quatre questions fondamentales : que faut-il faire, qui doit agir, dans quel délai et comment vérifier les résultats ?

La prochaine étape consistera à hiérarchiser les recommandations et à les inscrire dans une matrice de suivi. Ce document devra préciser les actions à mener, les responsables désignés, les échéances et les indicateurs de progrès.

La CONEPT-RDC, sa coordination provinciale, les Comités de Veille Citoyenne et de Redevabilité Publique ainsi que les différents acteurs du secteur éducatif sont appelés à assurer le suivi des décisions prises et à veiller à la publication régulière des résultats.

Passer des promesses aux résultats

Au Kwilu 1, le défi est désormais de transformer les engagements en actions concrètes et les actions en résultats visibles. Derrière chaque activité inscrite dans un plan, il y a des enfants qui attendent des écoles mieux équipées, des enseignants mieux accompagnés et des conditions d’apprentissage dignes.

La redevabilité citoyenne apparaît ainsi comme un levier essentiel pour améliorer la gouvernance de l’éducation. Elle permet de rappeler que les plans, les budgets et les promesses n’ont de sens que lorsqu’ils produisent des changements réels dans les écoles et dans la vie des élèves.

Fleurisse Katamba Booto-Kashini

       ☎️+243832393795

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