Les chiffres communiqués par le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, mettent en lumière un déséquilibre préoccupant dans la circulation des liquidités en République démocratique du Congo.
Selon les données présentées par le patron de la banque centrale, la RDC aurait importé environ 8,5 milliards de dollars américains en billets de banque en 2025, alors que les dépôts dans le système bancaire n'ont progressé que d'environ 1,5 milliard USD sur la même période.
Un écart de près de 7 milliards USD
La différence entre ces deux montants atteint près de 7 milliards de dollars.
Pour André Wameso, cet écart constitue un signal important : une partie significative des liquidités injectées dans l'économie ne semble pas revenir dans le circuit bancaire formel. Autrement dit, l'argent circule davantage en dehors des banques, ce qui pose des questions sur la bancarisation de l'économie congolaise et la traçabilité des flux financiers.
Pourquoi cette situation interpelle ?
Une économie fortement dépendante des transactions en espèces présente plusieurs défis majeurs : une circulation importante de cash, une faible utilisation des moyens de paiement électroniques, des difficultés de traçabilité de certaines transactions ainsi qu'une limitation de la capacité du système bancaire à mobiliser l'épargne pour financer l'économie.
Pour la Banque centrale, l'enjeu est donc de favoriser davantage la bancarisation et la formalisation des transactions, afin que les liquidités puissent irriguer le système financier officiel. Cette situation intervient alors que le dollar américain conserve une place prépondérante dans les transactions en RDC, aux côtés du franc congolais.
Un défi structurel pour le système financier congolais
L'écart relevé par le gouverneur de la BCC ne signifie pas pour autant que la totalité de cette somme correspond à une disparition ou à une fuite physique hors du pays. Il s'agit d'un indicateur qui appelle à une lecture affinée des dynamiques monétaires informelles.
Le véritable défi reste de comprendre la destination de ces liquidités et de transformer progressivement une économie dominée par le numéraire en un espace financier traçable, capable de mobiliser l'épargne au service de la croissance.
Yoschi BANGULA
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