Une note d’espoir dans la riposte contre la maladie à virus Ebola au Nord-Kivu. Deux patients guéris, dont une infirmière et un nourrisson, ont quitté ce vendredi le Centre de traitement d’Ebola (CTE) de Katwa, dans la ville de Butembo, après leur prise en charge médicale.
L’information, rapportée par l’Agence congolaise de presse (ACP) sur la base d’une source médicale, intervient alors que la riposte se poursuit dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo.
Parmi les survivants figure une infirmière, elle-même touchée par la maladie alors qu’elle exerçait dans une structure de santé. Après sa guérison, elle a tenu à rassurer sur la qualité de la prise en charge au CTE de Katwa et à appeler les professionnels de santé à renforcer les mesures de protection dans l’exercice de leur métier.
« Si vous arrivez vite, vous avez la chance de guérir », a-t-elle notamment témoigné, rejetant au passage les rumeurs présentant les centres de traitement comme des lieux où les patients seraient condamnés d’avance.
Selon la même source, 45 personnes ont déjà été libérées guéries du CTE de Katwa depuis le début de l’épidémie, un résultat qui constitue un signal encourageant dans une zone où la confiance de la population demeure un élément déterminant de la riposte.
Des guérisons qui contrastent avec un bilan toujours lourd
Ces nouvelles sorties de patients interviennent dans un contexte épidémiologique encore préoccupant. D’après le point de situation du ministère de la Santé arrêté au 3 août 2026, la RDC comptait alors 3 874 cas confirmés, 1 751 décès, 717 patients en isolement ou hospitalisés et 749 personnes guéries. Cinq provinces restent concernées par l’épidémie : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.
L’Organisation mondiale de la Santé continue, de son côté, d’appuyer les autorités congolaises dans la surveillance, le diagnostic et la prise en charge. Le réseau de laboratoires décentralisés mis en place notamment à Beni et Butembo doit permettre de rapprocher le diagnostic des communautés et d’accélérer la détection des cas.
Au-delà des chiffres, la guérison de cette infirmière et de ce nourrisson constitue aussi un message à la population : Ebola peut être pris en charge et des patients peuvent en sortir guéris lorsqu’ils sont rapidement identifiés et correctement soignés.
Pour les autorités sanitaires et les acteurs de la riposte, l’enjeu reste donc double : continuer à interrompre les chaînes de transmission tout en combattant les rumeurs et la méfiance qui peuvent retarder le recours aux soins.
Yoschi BANGULA
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