À l'approche de la rentrée scolaire 2026-2027, l'inquiétude grandit au Kasaï Central. Le complexe de l'Athénée de la Renaissance de Kananga, autrefois symbole de l'excellence éducative congolaise, demeure un vaste chantier inachevé malgré cinq années de travaux. Face à cette situation, plusieurs organisations de la société civile montent au créneau pour exiger l'achèvement des ouvrages, la correction des nombreuses malfaçons, leur réception officielle ainsi que l'inauguration de cet établissement historique avant la reprise des cours.
Dans un mémorandum adressé au Gouverneur de province, des acteurs de la société civile dont CONEPT-Kasaï Central, CRONGD Kasaï, CAFCO-Kasaï Central, CUCSC-Kananga et LIZADEEL dressent un constat préoccupant. Elles rappellent que l'ancien Athénée Royal de Luluabourg, créé en 1954, devait retrouver son prestige grâce au Projet d'Équité et de Renforcement du Système Éducatif (PEQPESU), financé par la Banque mondiale et lancé en 2019 sous l'impulsion du Chef de l'État.
Mais sur le terrain, la réalité contraste fortement avec les ambitions initiales. Depuis l'année scolaire 2021-2022, les élèves ont été contraints de quitter leur établissement pour être dispersés dans plusieurs écoles d'accueil, souvent dépourvues de conditions adéquates d'apprentissage. Une situation qui compromet gravement la qualité de l'enseignement et fragilise le parcours scolaire de près de 15 000 enfants.
Le mémorandum dénonce également l'arrêt brutal des travaux, le départ inexpliqué de certaines entreprises exécutantes et une gestion jugée excessivement centralisée depuis Kinshasa, limitant les capacités de suivi des autorités provinciales. De plus, plusieurs des vingt bâtiments prévus présentent déjà des fissures et des toitures détériorées, soulevant des interrogations sur la qualité des travaux.
Les organisations citoyennes mettent en garde contre une augmentation de la déperdition scolaire et un risque accru d'abandon des études, particulièrement chez les jeunes filles.
Pour sortir de cette impasse, les auteurs du plaidoyer proposent que le futur Programme d'Apprentissage et d'Autonomisation des Filles (PAAF), également soutenu par la Banque mondiale, prenne le relais afin d'achever les travaux, corriger les malfaçons et garantir une réception conforme des infrastructures avant leur mise en service. Elles invitent en outre les gouvernements provincial et central, les parlementaires et les partenaires à agir sans délai pour assurer aux élèves un environnement scolaire digne et sécurisé.
Fleurisse Booto KATAMBA
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